En mars, exposition « L’art architectural à Malestroit », portrait de la ville en images.

« Cette exposition de photos, conçue et réalisée par MALTREC, dévoile le fruit et les effets des politiques successives de l’habitat sur notre patrimoine bâti. Elle évoque les échanges, les transitions ayant marqué cet art, toujours en mouvement, qu’est l’architecture, religieuse ou civile, et qui a trouvé ses ressources dans l’imagination et le goût.

Depuis près de mille ans, cette science inséparable du développement de l’urbanisme malestroyen, a marqué profondément notre paysage si particulier : c'est toute l'existence de la ville qui se lit à travers ses églises, ses hôtels, ses places, ses ponts, ses ruelles et maisons de quartiers. Nous regrettons de ne pouvoir vous montrer ici, ni la motte féodale, ni l’ancien château, ni même des vestiges honorables de l’enceinte du XIVe siècle, disparus, hélas, de notre espace public. Il faudra attendre le XIIe siècle pour que l’ordonnance de la bourgade s'éveille avec l’élévation des édifices romans de La Madeleine, de Saint-Gilles et des maisons moyenâgeuses regroupées à l’entour, lui conférant ainsi le titre et la réputation de bourg castral ; mais, là encore, la marche du temps les a effacés de notre univers.

Ce n’est qu’à la fin du XVe siècle que la structure urbaine va s’épanouir comme en témoignent églises et chapelles gothiques, presbytère, calvaires historiés, les monastères, les halles, puis les maisons à pan de bois et à encorbellement, etc. Pendant un siècle, cette cité naissante deviendra un lieu de création servant de modèle à de nombreux artisans et artistes : architectes, maçons et tailleurs de pierre partageront leur appétit de connaissances et de recherches et bâtiront de coquets hôtels particuliers commandités par les grands seigneurs, les ecclésiastiques et les riches bourgeois commerçants. Ils vont ré-enchanter nos lieux de vie, réanimer et accompagner la richesse et la poésie de ces fragments de notre mémoire, de notre monde malestroyen, en innovant, en réparant, ou en retouchant des mailles parcellaires interrompues, les friches abandonnées des quartiers anciens, par une architecture pertinente, anonyme, souvent innovante qui donnera corps au Malestroit d’aujourd’hui.

Cette exposition-photos va aussi nous sensibiliser à un art qui lui est étroitement associé : celui des lucarnes, des balcons, des toitures avec leur accessoires décoratifs, l’ensemble constituant un microcosme extraordinaire à découvrir. Souvent méconnu, il revêt pourtant la texture d’une peau ornementale mettant la cité en valeur. C’est aussi un héritage culturel.

En fait, cette présentation se veut un reportage, une mise en lumière, une démarche originale sur les belles réalisations dans notre petite ville radieuse. Certaines ne nous étonnent plus car elles font partie de notre vision quotidienne, mais nous pouvons encore être surpris par certaines créations suscitant une appréciation esthétique admirative qui plait et touche notre sensibilité par leur seule apparence. On n’en prend pas toujours la mesure, admettons-le ». Jean-Paul Bourban

 

Exposition visible en salle Pierre Dieulefils sur les heures d’ouverture de la médiathèque.

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